L'iranienne : la femme aux mille et un combats

Publié le par Poppilita

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Pour son premier roman, Maurice Bigio fait le pari de raconter l’Iran à travers le regard de Shirine, une mère révoltée, courageuse et idéaliste. Il nous offre L’iranienne, un roman coloré et dur, réaliste et fantastique, rempli d’espoir et de fatalisme, un roman aux mille contradictions et aux mille couleurs. On le referme avec le sentiment d’avoir fait un voyage cruel, obscurantiste et tragique. Et puis, on se dit qu’en fait non, la traversée était sensible, insoumise et porteuse d’espoir.

L’iranienne met en scène Shirine dans son combat contre la maladie incurable de son fils, contre les menaces que fait peser sur elle son métier d’avocate  et face à la dérive extrémiste de son mari qui travaille sur le programme gouvernemental d’enrichissement nucléaire.

C’est trop et ça n’est finalement jamais assez pour cette idéaliste déracinée, convertie à l’islam par amour, justicière sans recours de décisions pipées par un régime corrompu. Dans ce pays où la religion dicte le passé, le futur, les désirs, les aspirations et les malheurs, Shirine se bat pour dénoncer cet idéal factice qu’est la croyance instrumentalisée.

Elle ne se laissera jamais décourager, elle se cognera de toute la force de ses idéaux à ce mur d’injustice. Elle tentera de l’abattre de ses mots, de son intelligence, de sa détermination et du sentiment infatigable de révolte qui l’anime. Mais on n’abat pas si facilement un mur, on se blesse, on se heurte et pourtant, il semble qu’il ne se fissure même pas.

Shirine est une femme seule mais elle est aussi tout le peuple iranien, terrassé par ses fantômes : prostitution d’enfants, pendaisons d’homosexuels, arbitraire de la justice  Et tout au long de de ce roman très joliment écrit, on la regardera se débattre avec foi dans le marasme d’une réalité qui noie peu à peu ses idéaux.

L’issue semble inéluctable.  Mais pourrait-on reprocher à l’auteur d’offrir à son roman l’étoffe du réalisme ?  Pourrait-on lui reprocher d’avoir caché en Shirine un appel au secours, le témoignage écœuré d’une génération qui se sent condamnée ?

L’iranienne de Maurice Bigio est édité aux éditions Calmann Levy.

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Publié dans Entre les pages

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Nymphette 02/07/2012 08:18


Je le note dans un coin de mémoire, si je le croise je le feuilleterai pour me faire une idée!

Nymphette 27/06/2012 22:11


Je ne sais que penser... ça me fait penser (sûrement à tort ) au film iranien "Une séparation" qui m'avaist passablement ennuyé... Je ne suis pas sûre que ce type de contexte me plaise...

Poppilita 28/06/2012 09:06



j'avais bcp aime le film "une separation" mais le roman "l'iranienne" n'a de point commum avec ce film que le pays ou l'action se deroule. c'est un roman tres rythme et puis interessant aussi, je
ne savais pas ce qu'etait le quotidien des Iraniens aujourd'hui... je le conseille vivement