La sérénité collective du Projet d'Idan Raichel

Publié le par Poppilita

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Cette semaine, Idan Raichel se produisait à Jérusalem. Et c’est vrai qu’il y a, dans la musique d’Idan Raichel, quelque chose de sacré. C’est peut-être les paroles qui parlent de bonheur, d’amour, d’enfermement, d’histoires anciennes et d’engagements nouveaux mais c’est certainement aussi cet arrangement singulier de voix qui résonnent d’une chanson à l’autre, masculine, féminine, masculine et féminine ou encore cet enchevêtrement de langues qui subliment le message : hébreu bien sûr puis espagnol, arabe, amharique etc. Les rythmes se répondent et les albums, à l’inverse de Babel, sonnent comme la réconciliation des cultures via l’emboîtement des sons.

 Un soir de juillet il y a presque deux ans, après la tombée de la nuit, nous nous étions rendus à Raanana, au dernier concert de la tournée Bein Kirot Beiti** (Entre mes murs). Le spectacle avait lieu dans un parc et nous avions réussi à nous y prendre assez en avance pour avoir de bonnes places. Les premières parties se succédaient, l’excitation montait.

Quand les membres du Projet étaient enfin arrivés, ils s'étaient placés sur la scène et très vite, il m’avait semblé qu’ils l’habitaient. Ils étaient au moins une vingtaine mais une certaine idée de l’harmonie régnait dans leur jeu.

 Idan Raichel avait entrecoupé les chansons aux rythmes familiers d’anecdotes et de ses hésitations qui transpiraient son humilité vis-à-vis du public. Et de la vie peut-être aussi. Lui qui ne s'engage pas politiquement n'avait pas manqué de rendre hommage à des soldats en rétablissement venus assister à son concert ainsi qu’à Guilad Shalit; encore captif à l'époque, en lui dédiant une chanson.

Ensuite, après le salut final, les applaudissements s'étaient faits plus resserrés, plus bruyants, ramenant la joyeuse troupe sur son terrain de jeu. Chacun à sa place, la vedette partagée.

Et puis Idan nous avait expliqué qu’il y avait plusieurs chansons qu’il ne chantait plus sur scène mais qu’il allait profiter que le parc lui ait donné l’autorisation de déborder sur l’heure pour le faire. On a du mal à penser que sans autorisation, il se serait retenu. Mais enfin, il est comme ça, il a des rastas infinis et une tête d’enfant sage.

Depuis longtemps déjà,  nous nous étions approchés de la scène et bouche bée, collés à l’estrade, où nous l’avions écouté comme des enfants. Certaines voix, derrière moi, entonnaient les refrains. Moi, j’ai juste fermé les yeux. J'étais émue.

Pour en savoir plus sur l’artiste, vous pouvez consulter sa page Wikipedia ou sur son site officiel.

* Mi Maamakim – Des profondeurs – Titre d’une chanson du Projet d’Idan Raichel

** Bein Kirot Beiti est le nom du dernier album du Projet d’Idan Raichel

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